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Le Pilori et la Croix

Le Pilori

Le pilori se situait à l’endroit connu sous le nom de « el Rollo ». Il s’agit de la partie la plus élevée du village, car cette colonne représentait l’autorité de la ville d'Elciego pour exercer la justice sociale et civile, lorsqu'au XVIème siècle elle obtint l'indépendance de Laguardia. Suite à cela, Felipe II permit à Elciego de disposer de la potence, du couteau, du piège et du pilori, les insignes d’autorité des villes de l’époque.
Il s’agit d’un rouleau de justice cylindrique et terminé par un tronc de cône.

Croix

Avant d’expliquer l’origine de cette place, il faut préciser quelques données :
1º.- L’emplacement original de ce que nous connaissons aujourd’hui comme « la Croix » et qui autrefois se dénommait « Crucifix » n'est pas l’actuel, car le crucifix se trouvait dans le croisement de chemins entre Villabuena, Navaridas et Laguardia.
2º.- L’emplacement du crucifix ne répond pas à l’existence d’un croisement de chemins (duquel dériverait la croix), mais à la présence d'un Calvaire dont la croix en ferait partie sur le chemin de Villabuena.
3º.- Il existe un autre composant assez détérioré de ce Calvaire sur la route de Villabuena ; il pourrait s’agir d’une petite chapelle funéraire qui se plaçait près de la quatorzième et de la dernière croix du Chemin de Croix et où l’on priait à la fin de ce dernier, connu à Elciego comme "les Os de Jésus-Christ". Il s’agit d’une construction robuste et en pierre de taille assez abîmée, dont les mesures sont 3.36 x 1.54 et 1.82 m. de hauteur, couronnée par une toiture sous forme d’auge inversée. Sa décoration ne conserve pratiquement aucun élément, hormis de petites niches flanquées de deux orifices circulaires sur tous ses côtés et dont nous méconnaissons les fonctions. La croix est actuellement restaurée et elle a été déplacée aux jardins proches du cimetière en raison de son caractère funéraire.

La Place de la Croix

Au centre de la Place de la Croix se trouve le piédestal, érigé sur trois marches en pierre, qui accueille « le Crucifix ». La croix actuelle date de la République, période pendant laquelle l’originale fut détruite. La partie la plus intéressante aujourd’hui est le piédestal, car ses quatre côtés affichent des figures d’évangélistes avec leurs représentations. Elles sont assez détériorées en raison de la rigueur du climat.
Il est possible que les reliefs soient de style maniériste, mais cela ne peut pas être confirmé. Néanmoins, en 1705 il existait déjà des mentions sur le besoin de décorer la croix.
Cette place se trouve à l’endroit où le syndic, le maire et le curé accueillaient le « bulero » (distributeur des bulles de la Sainte Croisade et collecteur des aumônes) avec les bulles du Primat d’Espagne.

Mairie

La Mairie fut construite comme tous les principaux bâtiments administratifs basques du XVIIIème siècle. C’est-à-dire, un premier étage avec un portique dont l’arcature, ouverte à la place, est munie de six travées en demi-cercle avec des impostes. Quant au deuxième étage, il abrite les dépendances qui s’ouvrent sur la place en quatre travées et deux larges balcons, entre lesquels se trouve le Blason Impérial de Felipe II. Les côtés du bâtiment conservent deux portes d'accès sous un arc en plein cintre qui pourraient appartenir à une ancienne marie ou à un bâtiment semblable.

Chapelle de la Vierge de la Plaza

La Basilique de la Vierge de la Place est une construction du XVIIIème siècle, mais elle se situe sur une édification antérieure (possiblement de style gothique du XIVème). Le seul élément conservé est une magnifique sculpture du type "Andra Mari" du XIVème siècle de la Vierge de la Place.
La voûte est semi-sphérique, segmentée par des nerfs, quasi baroques, unis en un médaillon avec le pigeon du Saint Esprit, encadré par huit anges.
La base de la construction est irrégulière. L’intérieur dessine un octogone qui à l’étage supérieur apparaît sous la forme de 4 arcs brisés et étroits et 4 arcs en plein cintre et larges qui s’alternent. L'intérieur nous laisse découvrir trois retables de style baroque décadent, presque rococo, avec des colonnes corinthiennes ; les latéraux sont consacrés à Saint Antoine et à Saint Joseph et le centre fait honneur à la Vierge de la Place. Cette vierge inspire une grande dévotion parmi les habitants d'Elciego. Les fêtes patronales du 8 septembre lui rendent hommage.

Église Paroissiale de Saint André

L’église paroissiale de S. André d’Elciego se situe au bord de la rivière Mayor, éloignée de la Place du village ; pour la niveler il fallut construire une grande plateforme dont la vue est impressionnante depuis la perspective du fleuve.
La paroisse réunit différents styles architectoniques, depuis le gothique des premières pierres jusqu'au néoclassique de la nouvelle sacristie.
Le bâtiment, construit en pierre de taille au XVIème siècle, présente une orientation traditionnelle de la tête, tournée vers l’est ; depuis l’extérieur elle dévoile une apparente uniformité, même si chronologiquement ce n’est pas le cas. C’est à l’intérieur où nous pouvons apprécier le mieux l’évolution chronologique de l’église. Elle est munie d’une seule nef de grandes proportions avec 40m de long, 16m de large qui dans la croisée du transept passent à 26m et 18,5m de hauteur.
Plusieurs styles architectoniques sont employés. Les deux premières parties, les plus proches de la tour, sont gothiques avec des colonnes munies de nerfs et des arcs formerets en ogive. Quant au troisième corps, il est déjà plus classique, car les colonnes furent recouvertes de pilastres avec des corniches desquelles émergent les nerfs des voûtes étoilées. La partie appartenant le plus manifestement à la Renaissance est la zone de la croisée du transept où quatre piliers soutiennent les arcs à bandeaux en plein cintre qui servent de fondation pour l'étoile supérieure. La tête est formée d’une abside demi-circulaire présentant un important travail de taille étant donné qu’elle est totalement cannelée. L’accès à la sacristie, de style néoclassique et le dernier des éléments construits de la paroisse, se réalise par le côté droit de la croisée du transept.

Retable majeur
Construit à la moitié du XVIIème siècle, le retable Majeur appartient à la première période baroque et conserve des influences de la renaissance, comme nous pouvons apprécier sur l’ensemble de l'œuvre. En ce qui concerne la peinture, elle est plus récente et date du début du XVIIIème siècle.
Le retable est formé d’un tapis, de trois corps et d’un attique et il se divise en trois couloirs et quatre gorges. La structure du tapis est de la Renaissance avec des reliefs de différents Saints et deux panneaux avec des scènes de l’Arrestation et de la Chute de Jésus sous la Croix. Le tapis inclut également un tabernacle datant de la même époque, mais dont l’élaboration est plus soignée et où se trouvent les deux tailles les plus importantes de tout le retable : il s’agit de deux représentations de Saint Pierre et Saint Paul. Les apôtres sont représentés dans toutes les gorges et couloirs. Outre l’ostensoir du XIXème siècle dans le premier corps et la représentation de Saint André dans le deuxième, il faut souligner les scènes de l’Annonciation et de la Naissance dans le premier corps, l'Adoration des Rois Mages et la Fuite en Égypte dans le deuxième corps et la Visitation dans le troisième corps. Au sommet de toute la composition, le Père Eternel sur le fronton et, au-dessus, le Calvaire.

Autres retables
Il existe d’autres retables dans l’église ayant subi de nombreuses modifications. Ceux de la croisée datent de la même période que l'autel majeur et présentent une architecture architravée. Celui qui est consacré au Saint Christ a plus de qualité et son tapis représente la flagellation et le couronnement d’épines. Quant à l’autre, il est consacré à la Vierge du Rosario.
La première partie abrite deux retables rococo. Il paraît que l'un d'eux était consacré à Saint Joseph, mais aujourd’hui il a été remplacé par une autre taille. L’autre est consacré à la Douloureuse, initialement dédié à Saint Jean, puis ensuite retouché. Son tapis reprend la figure populairement connue sous le nom de « el tumbao ». Il s’agit d’un Christ de bonne taille avec des bras articulés qui après sa récente restauration a été placé à côté de la porte d'accès au chœur.
La deuxième partie présente les retables de l’Archevêque et de Saint Antoine qui dans les archives paroissiales apparaît sous le nom de Saint Joachim ; le premier est situé sous l’organe et il est muni de deux toiles et de deux figures exemptes placées a posteriori. Il fut financé par Manuel Francisco Navarrete et Ladrón de Guevara, né dans le village et Évêque de Mondoñedo et Archevêque de Burgos.

Chœur et Stalles du Chœur
Le chœur d’Elciego présente un style plateresque et il est situé sous un arc surbaissé. Son iconographie inclut des médaillons de bustes de personnages classiques et de quelques saints.
De même que pour le reste de la construction, le style est simple et élégant, réalisé en noyer en deux étapes :
XVIème siècle : construction de la plus grande partie du chœur, avec des chaises lisses, des dossiers simples, séparés avec des petites colonnes striées sur la partie supérieure et avec une décoration végétale sur la partie inférieure.                                                            
XVIIIème siècle : suite à une légère rénovation, des panneaux latéraux ont été ajoutés, deux d’entre eux avec une décoration de panneaux dorés. Chaires: Les chaires datent du XVIIIème siècle et incluent un ensemble de balcons avec des balustres en forge couvertes de planches dorées, ainsi qu'un haut abat-son.

Orgue
L’orgue date du début du XVIIIème siècle, de style classique. Même s’il lui manque une multitude de tubes, il fonctionne toujours. Il est le résultat de la refonte des orgues précédents, eux aussi importants. En raison de sa grande taille, il fut nécessaire de construire une galerie pour y accéder depuis le chœur.

Peintures
Les murs de l’abside, de la croisée et de la première partie furent polychromées au XVIIIème siècle, de même que les toiles de la croisée. En raison de leur mauvais état, la moitié supérieure de l’une d'entre elles n’a pas pu être récupérée après la restauration.

Tours
Les tours se situent des deux côtés de la façade et se caractérisent par leur base pentagonale irrégulière. Elles sont unies par un grand arc couronné par une "loggia" de sept arcs surbaissés. Celle de droite présente sur sa partie supérieure un balcon muni de balustrade en pierre où se situent les cloches et elle est couronnée par un chapiteau pyramidal avec des arêtes et des pinacles dentés ; celle de gauche, quant à elle, est plus étroite mais tout aussi irrégulière et inclut sur la partie supérieure une corniche avec un balcon et un chapiteau modifié pour abriter une cloche.

"Chemin naturel de l'Ebre" GR - 99

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